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P i e r r e P a s c a l B o u r q u e

N o u v e a u   b u s t e

Pierre Pascal Bourque, buste

     Pierre Pascal Bourque naît à Saint-Charles-sur-Richelieu le 19 avril 1821. Il est le fils de Pierre Bourque, cultivateur et de Justine Tétreau.
Peut-on considérer Pierre Pascal Bourque comme patriote malgré le fait qu’il n’avait que seize ans au moment de la bataille de Saint-Denis, le 23 novembre et de celle de Saint- Charles, le 25 novembre 1837. A-t-il pris les armes aux côtés des autres jeunes patriotes à cette occasion-là pour mériter ce qualificatif de Patriote ? Aucun historien ne mentionne son nom. Il demeure inconnu dans les ouvrages traitant des Patriotes de 1837-1838 de même que dans les journaux de l’époque. Le nom de Pierre Pascal Bourque n’apparaît pas non plus dans l’étude fouillée d’Aedigius Fauteux (Patriotes de 1837-1838, Les Éditions des Dix, Montréal, 1950) ni dans la recherche d’Alain Messier (Dictionnaire encyclopédique et historique des patriotes 1837-1838, Guérin, Montréal, 2002).

     Pour quelle raison, a-t-on voulu conserver dans la mémoire collective le nom de Pierre Pascal Bourque en élevant un monument au cimetière Notre-Dame-des-Neiges surmonté de son buste en bronze, sur un lot où son corps ne sera même pas inhumé ? Pierre Pascal Bourque nous donne lui même la réponse, réponse qu’il a fait graver sur la pierre cubique soutenant son buste au haut de son monument. On y lit sur la face du cube de pierre à la dextre de son effigie :

A  l a  bat a i l l e  de  S t . D eni s   N o v em b r e  1 8 3 7 .

     D’après cette inscription — inconnue des historiens — Pierre Pascal Bourque indique à la postérité qu’il a participé à la victoire de Saint-Denis, et ce malgré son jeune âge.
Par la suite, le 26 octobre 1841, Pierre Pascal Bourque, demeurant à Saint-Charles, fils mineur de Pierre Bourque, demeurant à Sorel et de feu Justine Tétreau épouse Adeline Létourneau, fille mineure de feu Jean-Baptiste Létourneau et de Josette Baudry, demeurant à Saint-Marc. (Extrait des registres de b. m. s. Paroisse de Saint-Marc-de Cournoyer (Saint-Marc-sur-Richelieu))

     Au décès de sa femme, Pierre Pascal Bourque, âge de soixante-dix-sept ans, signe le registre de la paroisse Notre-Dame de Montréal le 16 novembre 1898. Il y est précisé qu’il est tailleur.

     On peut lire à la base de son buste : Membre du 3ème Ordre de Saint François d’Assise : 2 septembre 1870. Bourque en sera un pionnier car à cette date le tiers ordre séculier est nouvellement institué à Montréal par le Sulpiciens. En entrant dans cet ordre laïc Bourque trouve ainsi un guide pour suivre sa vie d’ascète.

     Après des recherches infructueuses aux archives, sa date et le lieu de son décès nous demeurent encore inconnus. Malheureusement, ce ne sont que peu de détails que nous possédons sur ce patriote que nous venons de découvrir.


Le monument érigé sur le lot N 331 au cimetière Notre-Dame-des-Neiges sur le mont Royal n’a été installé qu’en 1889. Il était surmonté du buste en bronze de Pierre Pascal Bourque, œuvre signée par celui qui deviendra le célèbre et très renommé sculpteur Louis-Philippe Hébert. Le bronze est coulé à Paris en 1889 et le modeleur a alors trente-neuf ans. À cette même date Bourque a soixante–huit ans, ce que l’artiste rend très bien dans les traits de son modèle. Le personnage porte un manteau à collet vertical et retenu sous le menton par une fibule. Bien avant le premier vol du bronze, une décoration mobile était suspendue sur le côté droit du manteau. Ne subsiste maintenant que l’œillet sur l’original. Était-ce une croix ou un cœur peut-être surmonté d’une croix correspondant peut-être à une décoration de l’ordre de Saint François ou une autre décoration ? On ne sait. Louis-Philippe Hébert a décelé l’âme mystique de Pierre Pascal Bourque et a su justement l’inscrire dans les traits du buste représentant son sujet. Ainsi cette œuvre d’Hébert imprégnée de cet esprit devient vivante.


L’œuvre entière fait cinquante-six centimètres de hauteur environ. Il est un des plus vieux bronzes de Louis-Philippe Hébert. Volé à deux reprises et retrouvé à chaque fois par le détective Alain Lacoursière, les autorités du cimetière ont pris la sage décision de ne plus le réinstaller sur son monument.


Cependant, le trésorier de la Société de Montréal a pris l’initiative, en 2011, de trouver quelques mécènes afin de faire exécuter et installer une copie en résine de l’œuvre de Louis-Philippe Hébert. Le Conseil d’administration de la Société historique en appuyant cette démarche a contribué à sauvegarder dans notre patrimoine collectif cette sculpture témoignant de la très grande sensibilité et du génie artistique de Louis-Philippe Hébert.


Afin de dissuader les voleurs de métal et de préserver le buste de Bourque d’un troisième vol éventuel, on peut y lire au dos une plaque portant cette inscription :

Copie en résine
Gracieuseté de la
Société historique de Montréal
2012


     Nous tenons à remercier tout particulièrement Monsieur Robert Gagné p. s. s. , curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal pour avoir pris la décision d’appuyer la démarche de la Société historique de Montréal.


Notre gratitude s’adresse aussi à madame Claudette Vaillaucourt, archiviste des Franciscains ; à messieurs Yoland Tremblay, directeur général du cimetière ; Daniel Cyr, directeur des services ; Rolland Litalien p. s. s. et Guillaume Lesage, secrétaire à la Fabrique Notre-Dame. Merci aussi à tous ceux tant connus qu’inconnus qui ont participé à cette réalisation.


Merci aux donateurs qui ont permis de concrétiser ce projet.


Ainsi la Société historique de Montréal a accompli une fois de plus son rôle — rôle qu’elle remplit depuis 1858 — en sauvegardant une autre parcelle de la mémoire collective du Québec et en la rendant à nouveau accessible à tous.

               Georges Bellemare
Montréal, 25 novembre 2012

 

 

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